ASSASSINAT DE L’ACTIVISTE DES DROITS HUMAINS VIGÁRIOLUÍS BALANTA EN GUINÉE-BISSAU: LA RADDHO EXIGE VÉRITÉ ET JUSTICE

La Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme
(RADDHO) exprime sa profonde consternation et sa vive indignation face à la
mort tragique de M. Vigário Luís Balanta, défenseur des droits humains de
nationalité bissau-guinéenne, dont le corps sans vie a été retrouvé ce mardi aux
environs de Bissau dans des circonstances particulièrement alarmantes.
Selon les informations recueillies par la RADDHO, M. Balanta avait
été enlevé lors d’une conférence de presse qu’il tenait publiquement. Il a
d’abord été conduit dans un commissariat de police, puis transféré au Palais,
avant que son corps ne soit retrouvé sans vie quelques jours plus tard non loin
de la capitale. Ces faits, s’ils sont confirmés, constituent un acte d’une gravité
extrême et pourraient s’apparenter à une exécution extrajudiciaire.
La RADDHO rappelle avec force que les défenseurs des droits humains
jouent un rôle essentiel dans la consolidation de l’État de droit et de la
démocratie sur notre continent. S’en prendre à leur vie constitue une atteinte
grave aux principes fondamentaux consacrés par la Charte Africaine des Droits
de l’Homme et des Peuples, ainsi que par les instruments internationaux de
protection des droits humains auxquels la Guinée-Bissau est partie

Face à ces faits graves, la RADDHO :
Condamne avec la plus grande fermeté l’enlèvement et l’assassinat de M.
Vigário Luís Balanta, et présente ses condoléances les plus sincères à sa
famille, à ses proches et à l’ensemble de la communauté des
défenseurs des droits humains en Guinée-Bissau;
Exige des autorités bissau-guinéennes l’ouverture immédiate d’une
enquête indépendante, transparente et impartiale afin d’établir les
circonstances exactes de cette mort, d’identifier les auteurs et de les
traduire en justice;

Demande aux autorités compétentes de garantir la protection de tous
les défenseurs des droits humains en Guinée-Bissau et de mettre fin à
toute forme de harcèlement, d’intimidation ou de violence à leur
encontre;
Appelle la communauté internationale, l’Union Africaine, la Commission
Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP), la CEDEAO
ainsi que tous les partenaires au développement à exercer des
pressions sur les autorités bissau-guinéennes pour que justice soit
rendue;
La RADDHO rappelle que le silence face à ces crimes encouragerait
l’impunité. Elle continuera de surveiller l’évolution de cette situation et de se
mobiliser, avec ses partenaires nationaux et internationaux, pour que la lumière
soit faite sur ce drame et que les responsables répondent de leurs actes devant
la justice.
Mouhamadou Seck

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