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BURKINA FASO : UN APPEL À LA PAIX ET À L'UNITÉ PAR L'ENGAGEMENT CITOYEN

Communiqué de presse de WADEMOS (Réseau de Solidarité pour la Démocratie en Afrique de l'Ouest) sur les récentes évolutions au BURKINA FASO.


Le Réseau de Solidarité pour la Démocratie en Afrique de l'Ouest (WADEMOS)

regrette profondément que le Burkina Faso ait subi un nouveau coup d'Etat, le

deuxième depuis le début de cette année 2022. En tant que réseau d'organisations

de la société civile engagées dans le développement pacifique, stable et démocratique


de notre région d'Afrique de l'Ouest, nous craignons que les coups d'Etat et les contre-

coups d'Etat au Burkina Faso en ce moment ne servent qu'à perturber et à faire


dérailler les patients efforts déjà déployés par le peuple burkinabè depuis le coup

d'Etat de janvier 2022, en vue de parvenir à un règlement de la crise sécuritaire

provoquée par les groupes armés terroristes et une restauration ordonnée du

gouvernement démocratique et constitutionnel dans le pays. Nous sommes

particulièrement inquiets, compte tenu de la forte escalade récente des attaques

extrémistes et terroristes meurtrières contre la population, qu'un cycle de coups d'Etat

et de contre-coups d'Etat affaiblisse et sape la cohésion et l'unicité d'objectif dont

l'armée burkinabè et la société dans son ensemble ont besoin pour faire face aux

menaces très graves et persistantes à la sécurité et à la souveraineté du pays et de

son peuple.

Nous notons néanmoins avec satisfaction que l'action du 30 septembre 2022, qui a

finalement abouti à la destitution du Lieutenant-Colonel Damiba à la tête de l'Etat, n’a

pas dégénéré en combats fratricides ou en représailles violentes au sein de l'armée

ou de la société burkinabè. Nous félicitons les chefs religieux et coutumiers du Burkina

Faso pour leur intervention rapide et patriotique dans la négociation d'une résolution

pacifique et réussie de la crise, ouvrant ainsi la voie à une transition de régime en

douceur et évitant un conflit potentiellement prolongé et déstabilisant.

Nous félicitons également la junte entrante dirigée par le Capitaine Ibrahim Traoré

d'avoir agi rapidement pour rétablir l'ordre et le calme et d'avoir accepté les termes de


l'accord de sortie du colonel Damiba, notamment en garantissant la sécurité et la non-

poursuite des dirigeants du l'ancienne junte et leurs collaborateurs, en s'engageant à


poursuivre la réconciliation nationale et à engager de larges concertations avec les

forces vives de la Nation, et en acceptant d'honorer les engagements et les plans

existants pour un retour ordonné à un régime démocratique et constitutionnel d'ici


juillet 2024. Nous sommes convaincus que les termes de l'accord en sept points seront

mis en œuvre de bonne foi dans l'intérêt du peuple burkinabè. Nous exhortons en

outre le gouvernement du Capitaine Traoré à travailler de manière collaborative et

constructive avec les divers segments de la société civile burkinabè, les médias et la

classe politique, ainsi qu'avec les partenaires régionaux, afin de construire et de

maintenir la confiance mutuelle, le front uni, et la solidarité régionale dont le pays a

désespérément besoin en ce moment pour relever les défis difficiles auxquels il est

confronté.

Nous sommes convaincus que le peuple du Burkina Faso a le courage et la

détermination de surmonter ses défis actuels. De notre côté, en tant que réseau

d'organisations de la société civile travaillant en solidarité les unes avec les autres

pour promouvoir un développement démocratique pacifique à travers l'Afrique de

l'Ouest, nous restons fermes dans notre engagement à soutenir et à accompagner les

processus de transition politique au Burkina Faso.