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NON A LA MISE EN DANGER DE LA VIE DES FILLES EN GAMBIE

LA DECLARATION DES ORGANISATIONS DE LA SOCIETE CIVILE



Le lundi 18 mars 2024, l’Assemblée nationale de la République de Gambie va statuer, en seconde lecture, sur l’envoi ou non en comité pour un examen approfondi, de la proposition de loi introduite par le député Almamey GIBBA visant l’abrogation de la Loi révisée de 2015 sur les Femmes qui a criminalisé la pratique des mutilations génitales féminines dans le pays.

 

L’importance de la question avait provoqué la tenue, le 09 mars 2024, d’une rencontre nationale sur les mutilations génitales féminines réunissant plusieurs spécialistes musulmans à l’issue de laquelle les participants avaient recommandé le maintien de l’interdiction de la pratique parce que les MGF n’avaient rien d’islamique.

 

Mais le 14 mars 2024, le Conseil supérieur islamique de Gambie (GSIC en anglais) a émis une FATWA sur la pratique de circoncision féminine en Gambie. « La circoncision féminine n'est pas une coutume simplement héritée, comme le prétendent à tort ceux qui ne connaissent pas la loi islamique. Il s'agit au contraire de l'une des vertus de l'islam et de l'une des pratiques de la sunna dictée par le messager d'Allah, paix et salut sur lui. La légitimité de la circoncision féminine a été prouvée dans plusieurs hadiths établis sur l'autorité du Prophète. Par conséquent, les musulmans doivent être d'accord sur sa légalité », indique le communiqué du GSIC, qui ne cite aucun texte coranique ou islamique.

 

Rappelons que l’Organisation de la Coopération Islamique (OCI) avait, le mois dernier, par la voix de son Secrétaire général, fermement condamné la pratique des MGF devant l’Assemblée générale des Nations Unies en affirmant que la Ummah islamique ne pouvait plus « permettre que l'ignorance concernant les droits des femmes et les mutilations génitales féminines soit perpétuée par des traditions et des rituels déguisés en enseignements religieux. Cette pratique inhumaine a survécu pendant des siècles et doit être arrêtée. »

 

La Gambie ne peut donc pas se permettre de transgresser cette loi, qui interdit et punit la pratique des mutilations génitales féminines (MGF) en application de ses obligations tirées de plusieurs instruments juridiques internationaux et régionaux relatifs aux droits des femmes et des filles tels que la Convention sur l’Elimination de toutes les Formes de Discrimination à l’égard des Femmes (CEDEF), la Convention des Droits de l’Enfant (CDE), le protocole à la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples relatif aux droits de la femme en Afrique (le protocole de Maputo) ainsi que la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant africain (CADBE).

 

Cela, d’autant plus que selon un rapport de l’UNICEF publié en 2021, la situation des MGF est encore alarmante dans le pays : plus de 76% des gambiennes de 15 à 49 ans et 75% des gambiennes de 15 à 19 ans ont subi des MGF qui constituent une violation des droits fondamentaux de la femme et de la fille, notamment  les droits à leur dignité, à leur intégrité physique et morale, leur droit à la vie, à la santé, à la procréation, et à la protection contre la torture ou d’autres traitements inhumains et dégradants.

 

Les organisations signataires de la présente déclaration :

 

-       Rappellent au parlement gambien en tant que législateur qu’il doit respecter la Constitution gambienne et protéger les droits fondamentaux des femmes et des filles ;

-       Exigent à l’Etat gambien qu’il respecte les engagements souscrits dans les Conventions internationales et qui lui font obligation de protéger les droits humains fondamentaux, la santé et la sécurité des individus et de garantir, en toutes circonstances, le respect des droits des femmes et des filles ;

-       Invitent les organisations de la société civile africaine à soutenir les organisations gambiennes travaillant sur les droits des femmes et à user de tous les moyens légaux pour barrer la route à cette proposition de loi ;

-       Demandent à la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) de prendre rapidement contact avec les autorités gambiennes afin de mettre un terme à cette forme de violence sexiste, perpétrée par des députés gambiens contre leurs propres enfants.

 

Appellent la communauté internationale à faire pression sur la Gambie afin de préserver les acquis réalisés et de continuer à promouvoir une société qui protège l’intérêt supérieur des enfants, les droits et la dignité de tous, en particulier des femmes et des filles.

 

En solidarité avec le peuple Gambien nous vous convions à un point de presse pour la lecture de la déclaration au Siège de la RADDHO, le lundi 18 mars 2024 à 10 heures

 

Fait à Dakar, le 15 mars 2023

 

 

Sont signataires :

 

  1. Rencontre Africaine pour la défense des Droits de l’Homme (RADDHO)

  2. Le Steering Committee du NGO  Forum

  3. Comité de Lutte contre les violences faites aux Femmes (CLVF)

  4. African Center for Democracy and Human Rights Studies

  5. Réseau Ouest Africain des Défenseurs des Droits Humains (ROADDH)

  6. Afrikajom Center

  7. Amnesty International/Sénégal

  8. Article 19 Sénégal et Afrique de l’Ouest

  9. Commission Indépendante des droits de l’Homme en Afrique du Nord

  10. ONG 3D

  11. Organisation Nationale des Droits de l’Homme (ONDH)

  12. Ligue Sénégalaise des droits humains (LSDH)

  13. Réseau de communication pour le développement de la Femme (RACODEF)


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