L’organisation non gouvernementale Avocats sans frontières Canada (ASF Canada), avec l’appui d’Affaires mondiales Canada envisage de mener une étude sur les violences basées sur le genre. Les principales cibles sont les défenseuses des droits humains et les femmes journalistes. Pour recueillir suffisamment d’informations sur cette thématique, ASF en collaboration avec la RADDHO a organisé les 29 et 30 juin passés un focus group sur cette thématique. La rencontre a vu la participation de 26 personnes (13 le 1er jour et 13 le 2nd jour). Elle a été animée par la directrice des programmes de la RADDHO et une consultante commise par ASF. Elle s’est déroulée sous forme de focus group et a eu lieu au siege de la RADDHO .
Les discussions ont permis de mettre en évidence l’évolution des formes de violences auxquelles sont confrontées les femmes engagées dans l’espace public. Au-delà des violences physiques, psychologiques, sexuelles et économiques, les participantes ont souligné l’ampleur croissante des violences numériques, notamment le cyberharcèlement, les campagnes de désinformation, l’utilisation abusive des données personnelles, les atteintes à l’image ainsi que les violences facilitées par les nouvelles technologies et l’intelligence artificielle.
Les échanges ont également mis en lumière l’impact des stéréotypes de genre sur la participation des femmes à la vie publique, de mettre en lumière les défis auxquels font face les femmes engagées dans la défense des droits humains et dans le journalisme, notamment les violences psychologiques, les menaces, le harcèlement, les violences en ligne ainsi que les obstacles à l’accès aux mécanismes de protection et à la justice. Les participantes ont également partagé leurs expériences et formulé des pistes d’amélioration visant à renforcer leur sécurité, leur protection et la prise en charge des victimes. Elles ont révélé qu’elles sont particulièrement exposées en prenant position sur des questions politiques ou de société, faisant face à des attaques visant à les discréditer, à limiter leur liberté d’expression ou à les décourager de poursuivre leur engagement. Plusieurs témoignages ont illustré les conséquences de ces violences sur la sécurité, le bien-être psychologique et la participation des femmes aux débats publics.
Si des avancées ont été reconnues en matière d’accompagnement institutionnel et de prise en charge, des obstacles demeurent, notamment le coût des procédures, la difficulté d’apporter des preuves pour certaines violences, en particulier les violences verbales et psychologiques, ainsi que la crainte que les plaintes n’aboutissent pas.
À l’issue des travaux, plusieurs recommandations ont été formulées. Elles portent notamment sur le renforcement du cadre juridique de lutte contre les VBG, la mise en place de mécanismes de protection et de prise en charge des femmes victimes, le renforcement de l’accès à la justice pour les femmes défenseuses des droits humains et les femmes journalistes, ainsi que la création de mécanismes d’urgence et de sécurité pour les militantes. Les participantes ont également appelé à poursuivre les actions de sensibilisation afin de déconstruire les stéréotypes de genre et de favoriser une participation pleine et entière des femmes à la vie publique.
Les contributions recueillies lors de ce focus group alimenteront le rapport régional qui servira d’outil de plaidoyer auprès des autorités publiques, des organisations de la société civile et des partenaires techniques et financiers afin de renforcer la protection des femmes défenseuses des droits humains et des femmes journalistes au Sénégal et au Bénin.
Elles seront d’un grand apport dans la rédaction du rapport analytique portant sur les violences basées sur le genre envers les femmes défenseuses des droits humains et les femmes journalistes au Bénin et au Sénégal. Ce document servira d’outil de plaidoyer auprès des autorités nationales, des organisations régionales, des partenaires techniques et financiers ainsi que des organisations de la société civile, afin de promouvoir des mesures plus efficaces de prévention, de protection et de lutte contre ces violences.
À travers son implication dans cette initiative, la RADDHO réaffirme son engagement en faveur de la protection des défenseuses des droits humains, de la promotion de l’égalité de genre et du renforcement d’un espace civique sûr et inclusif pour toutes les femmes engagées dans la défense des droits fondamentaux.
